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Job à l'étranger : solution au chômage ou évasion exotique?

Éric Messier 
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Par un matin gris typique de nos mois de février, assis au bureau, la tête ailleurs, on a le fantasme facile de tout foutre en l'air. Une petite publicité dans une revue ou un journal attire notre attention : «Faites carrière à l'étranger». On y évoque des pays exotiques comme la Bolivie, le Soudan, le Cambodge. Et un véritable film d'aventures se met en marche dans notre tête.

Entre ces rêveries et la concrétisation du projet de travailler à l'étranger, il y a tout un monde et trois mots clés : réalisme, persévérance, autodiscipline. Car si les rêves d'évasion sont à la portée de tous, les responsabilités inhérentes au travail en exil le sont beaucoup moins.

On estime à près de 100 000 le nombre de Canadiens, des célibataires ou des familles, qui oeuvrent dans un autre pays comme employés d'un gouvernement, d'une entreprises ou comme coopérants (on dit aussi «volontaires»).
Pour chacune des candidatures retenues plusieurs autres seront écartées tout simplement parce que la plupart des candidats n'ont pas une idée juste de ce qu'est la réalité. Les pays en développement, même en situation d'urgence, n'attendent pas simplement que le premier venu vienne à la rescousse. Il doit posséder des compétences, être prêt à gérer un bouleversement de ses habitudes et pouvoir faire face à un choc culturel déstabilisant. Cela peut être un premier obstacle pour plusieurs.

Jeanne Grégoire, du Centre canadien d'étude et de coopération internationale (CECI) en sait quelque chose : «Une dame qui m'a rencontrée l'autre jour souhaitait enseigner à l'étranger. Quand j'ai voulu voir ses diplômes, elle a répondu qu'elle n'en avait pas besoin!» Le CECI reçoit un grand nombre de c.v. mais peu font l'affaire. Comme la plupart des principaux organismes de coopération (l'Association québécoise des organismes de coopération internationale - AQOCI - en compte 45, dont le CECI, OXFAM et CUSO ; son répertoire est un bon outil de recherche), les postes comblés par le CECI sont d'une durée de 12 à 24 mois, rarement moins, avec quatre semaines de vacances annuelles. Cela mérite réflexion... avant le départ! C'est pourquoi il faut normalement recevoir une formation préparatoire.

Les coopérants sont envoyés en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Les plus grands besoins sont en agriculture, développement communautaire, administration en gestion, mais aussi en communication, la radio devenant très utile dans les villages isolés privés de téléphone.  La motivation profonde du candidat est d'une importance capitale et elle doit être auscultée, car les mythes sont persistants dans l'imaginaire de plusieurs candidats.

Des idées préconçues persistantes

«Ce travail n'est pas qu'une autre solution au chômage», prévient Claire Morand, agent de recrutement au CECI.
«Nous n'offrons pas d'évasion exotique. On ne peut accepter de candidats qui ne cherchent qu'à fuir. Bien au contraire, ils doivent être déjà heureux au Canada, être disposés psychologiquement à partir pour aller poser des gestes de solidarité et d'engagement social.»

Parmi les fausses idées persistantes chez les candidats, notons les suivantes : «Ce travail sera affaire de tourisme, de voyages», «Mon travail ennuyeux ici sera excitant là-bas», «Voilà une façon de fuir mes problèmes d'ici», «Je pourrai mettre ma paie de côté et accumuler beaucoup d'argent», «Je n'ai qu'à démontrer un esprit de sacrifice pour décrocher un poste».

Pas plus que pour le simple goût de l'aventure, on ne s'enrôle pas comme volontaire au Burkina-Faso, par exemple, dans l'idée de faire un coup d'argent, sauf si on est embauché par une grande entreprise. C'est une mauvaise motivation, explique Claudette Lalonde, de OXFAM : «Un coopérant reçoit une allocation d'environ 1000 $ par mois pour subvenir à ses besoins. On est loin des salaires habituels du monde industrialisé.» En fait, cela correspond grosso modo au salaire minimum en vigueur au Canada.

Remarquons toutefois qu'habituellement les volontaires n'ont pas à assumer les frais de logement ou quelquefois même de nourriture. Certains organismes en défrayent une bonne partie.  Les agents de projets, de programmes et les directeurs régionaux reçoivent un salaire beaucoup plus substantiel, mais contrairement aux coopérants ils sont engagés par l'organisme et leurs responsabilités sont beaucoup plus grandes.
 
Les organismes de coopération ne sont pas les plus gros «employeurs». OXFAM compte une centaine de volontaires autour du monde, dont 65 femmes et 35 hommes. Ils ont en moyenne 39 ans et possèdent au moins un diplôme de premier cycle universitaire. Ils interviennent en micro-économie, en développement agricole, secours d'urgence, camps de réfugiés, gestion des forêts, etc.

Médecins Sans Frontières envoie des spécialistes du domaine de la santé dans les pays touchés par la guerre ou qui vivent une situation d'urgence exigeant des nerfs solides sur le terrain. Peu d'élus, donc, et pas de place pour les touristes, mais une expérience exaltante, selon des témoignages de participants.

Il existe d'autres avenues. Les jeunes (les 18-35 ou 18-30 ans), peuvent tâter les projets de Jeunesse Canada Monde, les programmes d'échanges étudiants, voire les kibboutz en Israël, à condition d'avoir une bonne santé et d'avoir une réelle aptitude au travail en communauté.

Des CV partout autour du monde

On voit en fait deux façons d'aborder la longue démarche de recherche d'emploi à l'étranger. La démarche plutôt «passive» consiste à s'adresser aux organismes de coopération ou aux nombreuses agences de placement, dont Ernst & Young et Price Waterhouse, qui font affaires un peu partout autour du monde.

À Montréal, Services d'emplois outre-mer est un bureau voué à la compilation étoffée de ces données, qu'il vend sous forme de brochures. On y trouve aussi d'autres documents contenant de précieuses informations sur les principaux employeurs à l'étranger dans plusieurs professions. C'est la méthode active, car une fois qu'il a obtenu les adresses utiles, le candidat est laissé complètement à lui-même. Mais c'est là qu'on trouve les emplois très bien rémunérés, quoique temporaires, et exonérés d'impôts.

Ici-même au pays, les consulats des pays étrangers proposent aussi des postes à combler et différents programmes d'échange de compétences.
 
Originalement publié dans le quotidien La Presse


 
     
     
 
 
   
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